Les modifications corporelles dans la littérature

 

Aller contre-nature : cette rébellion a toujours plu à l’homme. En effet, les modifications corporelles en sont une conséquence et existent depuis que les hommes enterrent les morts.
Signe d’appartenance à un groupe (tatouages des « Hell’s Angels »), rite de passage (pratiques des tribus primitives), souci esthétique (teintures de cheveux), marque  d’infamie (brûlure au fer rouge), jeu sexuel (piercing du Prince Albert) : quelles qu’elles soient, les modifications corporelles, et en général le Beau, est perçu différemment selon les époques et les cultures.
Ainsi, une « femme girafe » (femme ayant le cou allongé grâce à des colliers) sera regardée différemment en France qu’en Thaïlande, de même  qu’un « vampyre » (personne portant des prothèses dentaires en forme de croc) ne sera pas perçu de la même manière en Éthiopie qu’à Berlin.
Les modifications corporelles sont créées par l’homme, contre-nature, artificielles, et de ce fait, ne plairont pas à tout le monde. Elles apparaissent, épisodiquement, dans la littérature, française et anglo-saxonne, ainsi que dans d’autres formes d’art, telles que la photographie, la musique ou encore l’art pictural.
Le Beau, s’il est relatif, est donc difficilement définissable. Quelques artistes l’ont pourtant tenté, tels que Platon ou Baudelaire.
Pour avoir une base, nous pouvons donner la définition du dictionnaire. « Beau : qui plaît à l’œil ou à l’esprit. »
Nous verrons de manière tout à fait sélective (donc non exhaustive) comment apparaissent épisodiquement les modifications corporelles dans la littérature.

 

SOUS LE RÈGNE DE BONE

Dans son livre Sous le règne de Bone, Russell Banks décrit l’épopée d’un adolescent rebelle, qui, quittant le domicile familial à quatorze ans, vagabonde à travers les USA et la Jamaïque en se construisant. Cette quête initiatique le fera grandir. Fortement influencé par le mouvement punk au début du récit, le jeune Chappie, avec son nez percé et son mohawk, se fera tatouer des os en croix sur le bras, pour changer son identité, effrayer les vieilles dames et essayer de passer plus vite à l’âge adulte, se prouver à lui-même qu’il est « un dur ». « En tout cas je me suis dit qu’un tatouage est comme le drapeau d’une seule personne et j’ai opté pour la tête de mort et les os en croix comme celui du Capitaine Crochet, sauf que je ne voulais pas la tête. Rien que les os. Le crâne m’écœurait un peu et j’étais presque sûr que j’en aurais marre de le voir après quelques années. Je me disais, le X désigne l’endroit qu’on cherche, il signifie Malcolm X comme dans le film, il veut dire que le Trésor est Caché Ici, et aussi Croisement comme sur les panneaux et plein d’autres choses. Et puis quand les gens le verraient ils croiraient que je suis méchant même s’il n’y avait pas de crâne et je trouvais ça très bien. Chaque fois que je le regarderais je me souviendrais de Peter Pan et de ma grand-mère qui me le lisait quand j’étais môme. Russ a trouvé que j’avais fait un excellent choix mais c’est seulement le côté méchant qui l’intéressait. Je n’ai pas trouvé utile de lui raconter le reste. »

Il décidera de changer son nom de Chappie en « Bone », en référence à son tatouage, pour devenir quelqu’un de tout neuf.
« Je me sentais super bien comme si j’étais une personne toute neuve avec un nouveau nom et même un nouveau corps. Ma vieille identité de Chappie n’était pas morte mais c’était devenu un secret. Un tatouage vous fait ce genre de choses : il vous fait penser à votre corps comme à un costume particulier que vous pouvez mettre ou enlever chaque fois que vous en avez envie. Un nom nouveau, s’il est suffisamment cool, a le même effet. Et faire l’expérience des deux en même temps, c’est connaître le pouvoir. C’est le genre de pouvoir que tous les super-héros possédant des identités secrètes connaissent du fait qu’ils sont capables de se transformer d’une personne en une autre. Vous avez beau croire que vous savez qui il est, ce mec-là est toujours quelqu’un d’autre. »

            Le tatouage peut aussi servir de signe de reconnaissance d’une communauté. Ainsi, dans le livre Sous le règne de Bone, des motards d’un même gang se feront tatouer le même signe, pour montrer leur appartenance à ce groupe. « Ils avaient peint sur leur cuir et tatoué à l’envers sur leur avant-bras gauche Airondack Iron, de sorte qu’on pouvait le lire lorsqu’ils saluaient le poing levé comme s’ils étaient un vrai gang de motards qui en veulent ou un de ces groupes rock étrangers genre skinhead. »

            On pourra aussi voir que le tatouage est l’apanage des motards, les « bikers » aussi appelés « Hell’s Angels », souvent obscène, comme le montre clairement cet extrait : « Il y avait aussi un mec qu’on appelait Joker mais dont je ne connaissais pas le vrai nom, court sur pattes et trapu avec une tête comme une pelle, des petits yeux bleus aplatis et plein de balafres sur le visage. Il portait une brosse courte décolorée en blanc, et ses tatouages c’étaient seulement des mots comme Megadeth, Terminator, Suce !, et même quelques phrases complètes comme Bouffe ta merde et Satan n’est pas mort. »

Pour asseoir son autorité et impressionner les autres, le chef de la bande de dealers et motards que le personnage principal fréquentera quelques temps, affiche ostensiblement ses tatouages et piercings : « En revanche on remarquait les tétons de Bruce parce qu’à son habitude il était torse nu, et on ne pouvait pas manquer les petits anneaux dorés qui y pendaient, ce qui me mettait toujours mal à l’aise. Même si on ne les regardait pas, on était obligés de voir sa poitrine et son bide rasé ainsi que ses tatouages. »

En effet, certaines modifications impressionnent. Bone, en parlant du tatoueur Art, dira : « Art était un vieux, il avait au moins quarante ou cinquante ans, et il avait tout le corps — ou au moins ce qu’on pouvait en voir — couvert de tatouages incroyables, pour la plupart des dragons crachant du feu et des symboles orientaux, mais sans aucun de ces motifs ringards tels que le drapeau américain ou des Betty Boop ou des Amours avec leurs flèches comme ont certains mecs de son âge. » Pour un adolescent de quatorze ans comme Bone, les marques patriotiques comme le drapeau américain sont dépassées, voire ridicules.

Dans le même roman, on pourra aussi lire : « J’ai vu sur mon ombre au sol des mèches rastas fendre l’air. J’ai alors regardé mes bras et mes jambes qui avaient pris une couleur de café, et quand je me suis aperçu que je ne ressemblais plus à un petit ado blanc ordinaire, j’ai fait une danse rasta, là, en plein soleil. » Le fait que le narrateur dise ne plus désormais avoir l’air d’un banal jeune occidental est révélateur : en effet, avec sa peau bronzée et ses dreadlocks, il se sent différent. Il a l’impression d’avoir accompli quelque chose, d’avoir transcendé sa condition de vulgaire adolescent américain. Il expliquera d’ailleurs : « C’est drôle de constater que quand on change un peu son look, ne serait-ce que par un tatouage, on se sent aussi différent à l’intérieur.  C’est la même chose, disons, pour un charpentier qui aurait découvert sur son chantier un matériau nouveau grâce auquel il pouvait modifier ses plans et se construire pour y habiter une maison plus belle et plus grande. » Cette métaphore du charpentier en pleine construction est significative : le héros parle de modifier des plans, ce qui signifie modifier le déterminisme qui lui a été imposé à sa naissance, en modifiant, symboliquement, son corps, pour accéder à une certaine spiritualité, et de ce fait re-posséder son corps, pour atteindre une sorte d’idéal, ici représenté — de manière certes naïve — par la maison plus grande et plus belle.

L’HOMME QUI RIT

Dans le « roman le plus fou de Victor Hugo », L’Homme qui rit, on suit Gwylhaine, un saltimbanque, qui a été défiguré par des voleurs d’enfants alors qu’il était enfant. Ils ont agrandit sa bouche pour figer sur son visage un sourire éternel et ainsi le montrer dans les foires. (en cours)

SI C’EST UN HOMME

Si c’est un homme de Primo Levi traite des camps de concentration sous la domination nazie. Le narrateur, Juif, y est déporté et relate l’horreur des camps avec une froideur déconcertante. Dans cet extrait, il raconte comment les nazis lui ont « donné » une nouvelle identité.
« Mon nom est 174517 ; nous avons été baptisés et aussi longtemps que nous vivrons nous porterons cette marque tatouée sur le bras gauche. L’opération a été assez peu douloureuse et extrêmement rapide : on nous a fait mettre en rang par ordre alphabétique (…) Il semble bien que ce soit là une sorte d’initiation. »
Primo Levi, pour décrire cette scène humiliante, où les hommes sont tatoués comme du bétail, utilise une sorte d’ironie, comme le montre le verbe « baptiser ». Utiliser ce mot, c’est dire ironiquement que les nazis ont donné le saint sacrement aux Juifs en leur tatouant un numéro sur le bras. Les Allemands ont usurpé leur identité, avec ces chiffres indélébiles, comme des code-barres qui indiquent la provenance, l’accusation (Juif – homosexuel – rebelle – asocial – etc), le camp…
Ce champ lexical du religieux est réutilisé un peu plus loin dans le texte, lorsque le narrateur parle d’initiation, « Il semble bien que ce soit là une sorte d’initiation. »  Mais là ce n’est pas une référence aux religions judéo-chrétiennes. L’initiation à quoi ? L’initiation au mode de vie du camp de concentration, qui possède ses propres règles, us et coutumes, l’initiation à l’horreur, à la misère, à la déshumanisation, à la souffrance, à la mort. De plus, le narrateur ne cherche pas du tout à susciter la pitié du lecteur, bien au contraire, il reste objectif et fait un « compte-rendu » neutre, sans misérabilisme inutile.
« Nous voici maintenant au deuxième acte. » Là encore, Primo Levi est ironique : l’emploi du mot « acte » est une référence au théâtre, comme s’il ne s’agissait que d’une pièce que l’on jouait. « Quatre hommes armés de rasoirs, de blaireaux et de tondeuses font irruption dans la pièce. En un tournemain nous voilà rasés et tondus. Quelle drôle de tête on a sans cheveux ! » Les hommes sont « armés » de rasoirs, cependant ils ne vont pas s’en servir en tant qu’arme, mais bel et bien pour raser le crâne des déportés. Le narrateur vit ça comme une agression, bien évidemment, comme le montre le participe passé « armés », mais ne perd pas son humour, lorsqu’il constate : « Quelle drôle de tête on a sans cheveux ! » Bien sûr, le narrateur ne trouve pas ça drôle du tout, c’est juste une constatation.
Enfin, le narrateur déplore tout ce qui se passe. « Je suis convaincu que tout cela n’est qu’une vaste mise en scène pour nous tourner en ridicule et nous humilier (…) la démolition d’un homme (…) ils nous enlèveront jusqu’à notre nom. »

LE CAS ÉTRANGE DU DR. JEKYLL ET DE M. HYDE

L’écrivain R. L. Stevenson raconte, dans son célèbre roman Le cas étrange du Dr. Jekyll et de M. Hyde, l’histoire d’un éminent docteur qui se « dédouble » grâce à des substances chimiques étonnantes. Ainsi transformé en un terrible personnage, le mystérieux M. Hyde, son domestique ne le reconnaîtra plus : « Était-ce la voix de mon maître ? (…) Dites, Monsieur, si c’était là mon maître, pourquoi avait-il un masque sur la figure ?(…) Mon maître est un homme grand et bien fait, et celui-ci était une sorte de nabot. (…) Cet être au masque n’était pas le docteur Jekyll. » Le nouvel être qui a pris forme en Jekyll est décrit comme suit : « Il y avait dans l’essence même de l’individu que j’avais en face de moi quelque chose d’anormal et d’avorté — quelque chose de saisissant, de surprenant et de révoltant. » M. Hyde peut redevenir Dr Jekyll et vice-versa : « Il porta le verre à ses lèvres et but d’un trait. Un cri retentit ; il râla, tituba, se cramponna à la table, et se maintint debout, les yeux fixes et injectés, haletant, la bouche ouverte ; et tandis que je le considérais, je crus voir en lui un changement…  (…) Devant moi, pâle et défait, à demi évanoui, (…) se tenait Henry Jekyll ! » À la fin du roman, le docteur raconte son histoire avant de mourir. Il dit qu’il possédait naturellement une dualité assez développée et voulait lui laisser prendre de l’ampleur, à l’aide de manipulations scientifiques. « De jour en jour, et par les deux côtés de mon intelligence, le moral et l’intellectuel, je me rapprochai donc peu à peu de cette vérité, dont la découverte partielle a entraîné pour moi un si terrible naufrage : à savoir, que l’homme n’est en réalité pas un, mais deux. (…) Ce fut par le côté moral, et sur mon propre individu, que j’appris à discerner l’essentielle et primitive dualité de l’homme ; je vis que, des deux personnalités qui se disputaient le champ de ma conscience, si je pouvais à aussi juste titre passer pour l’un ou l’autre, cela venait de ce que j’étais foncièrement toutes les deux ; et à partir d’une date reculée, bien avant que la suite de mes investigations scientifiques m’eût fait même entrevoir la plus lointaine possibilité de pareil miracle, j’avais appris à caresser amoureusement, tel un beau rêve, le projet de séparer ces deux éléments constitutifs. » Il précise sa pensée plus loin : « Il suffirait, me disais-je, de pouvoir caser chacun d’eux dans une individualité distincte, pour alléger la vie de tout ce qu’il y a d’insupportable. »  Seulement, le résultat qui possèdera Dr Jekyll par intermittence, M. Hyde, sera plus robuste, mais s’avérera être malveillant. « Tout comme le bien se reflétait sur la physionomie de l’un, le mal s’inscrivait en toutes lettres sur les traits de l’autre. » En outre, M. Hyde est un criminel. Sa méchanceté s’imprimera sur son physique : « Le mal (…) avait mis sur ce corps une empreinte de difformité et de déchéance. » Mais cela ne gênera vraiment le Dr Jekyll, qui confesse : « Et pourtant, lorsque cette laide effigie m’apparut dans le miroir, j’éprouvais non pas de la répulsion, mais bien plutôt un élan de sympathie. Celui-là aussi était moi. Il me semblait naturel et humain. À mes yeux, il offrait une incarnation plus intense de l’esprit, il se montrait plus intégral et plus un que l’imparfaite et composite apparence que j’avais jusque-là qualifiée mienne. » Jekyll a cherché à dépasser sa condition d’homme ordinaire pour modifier son caractère en exacerbant une de ses personnalités à l’aide d’un produit de sa composition, ce qui le conduira à un dédoublement aigu de sa personne. Mais il est certain que ce résultat ne lui plaira pas totalement, étant donné qu’il mettra un terme à ses jours à la fin du roman.

LA MÉTAMORPHOSE

La Métamorphose de Frank Kafka, écrivain clé de la littérature du 20ème siècle, est un roman original et fantastique où un honnête célibataire commercial habitant chez ses parents se voit du jour au lendemain transformé en coléoptère, sans raison aucune. L’incipit est des plus surprenants : « Lorsque Grégoire Samsa s’éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. Il était couché sur le dos, dur comme une carapace et, en levant un peu la tête, il s’aperçut qu’il avait un ventre brun en forme de voûte divisé par des nervures arquées. La couverture, au sommet de cet édifice, était près de tomber complètement, et les pattes de Grégoire, pitoyablement minces pour son gros corps, papillotaient maladroitement devant ses yeux. » Lorsque son employeur et ses parents le découvrent ainsi transformé, ils tombent des nues : « Il entendit son chef pousser un de ces « Oh ! » sonores, tels qu’en produisent les mugissements du vent, et le vit (…) presser sa main sur sa bouche ouverte et battre en retraite lentement comme si une force invisible et d’intensité constante l’eût repoussé de cet endroit. La mère, qui était restée là malgré la présence du gérant, (…) commença par regarder le père en joignant les mains, puis fit deux pas en direction de Grégoire et tomba au centre du cercle de famille, ses jupes s’étalant autour d’elle tandis que son visage, s’affaissant sur son sein, devenait absolument introuvable. Le père serra les poings d’un air méchant, comme pour rejeter Grégoire dans sa chambre, regarda la salle à manger d’un air perplexe, se couvrit les yeux de ses mains et pleura avec de gros sanglots qui agitaient sa puissante poitrine. » On voit donc clairement ici que la métamorphose de Grégoire est très mal vécue par sa famille, qui ira jusqu’à le blesser un peu plus loin : « 

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY

Le Portrait de Dorian Gray est un roman fantastique écrit par Oscar Wilde en 1890. Les personnages en sont Basil Hallward, Dorian Gray et Harry Henry, des dandies. Basil est peintre et amoureux de son ami le jeune et très beau Dorian. Basil achève de peindre un portrait de Dorian et le présente à Harry. Dorian est en admiration devant Harry l’érudit. En effet, Harry est un éloquent philosophe. Lorsque Dorian découvre le portrait terminé, il en est ébahi. « Il resta immobile, rempli d’étonnement et d’admiration, vaguement conscient que Hallward lui parlait, mais incapable de saisir le sens de ses propos. Le sentiment de sa propre beauté l’envahit comme une révélation. » Ses amis lui disent qu’il ne sera jamais aussi jeune et beau que maintenant. Cette pensée l’attriste et il fait le vœu de ne jamais devenir vieux et laid. « Je vais devenir vieux, horrible, effrayant. Mais ce tableau restera éternellement jeune. (…) Si seulement ce pouvait être le contraire ! Si c’était moi qui restais toujours jeune, et que le portrait, lui, vieillit ! Pour obtenir cela, pour l’obtenir, je donnerais tout ce que j’ai. (…) Je donnerais mon âme pour l’obtenir ! » Ce vœu va se réaliser : le portrait va devenir hideux tandis que Dorian Gray va conserver jeunesse et beauté. Dorian voulait détruire le tableau mais a changé d’avis et des années plus tard, il revient dans le grenier avec Basil. Le tableau inspire désormais l’horreur tandis que Dorian est toujours aussi jeune : « Une exclamation d’horreur jaillit des lèvres du peintre lorsqu’il vit sur le tableau, dans la pénombre, le visage hideux qui lui souriait. Quelque chose dans son expression l’emplissait de dégoût et d’aversion. Grands dieux !Ce qu’il avait sous les yeux, c’était le visage même de Dorian Gray ! L’abobination mystérieuse n’avait pas encore détruit complètement cette beauté prodigieuse, il restait encore quelques fils d’or dans la chevelure qui s’éclairssissait, et un peu de rouge sur la bouche sensuelle. Les yeux bouffis gardaient quelque chose du charme, de leur éclat azuré, les courbes pleines de noblesse des narines ciselées et du cou modelé n’avaient pas encore complètement disparu. » En agissant ainsi, Dorian Gray a voulu transcender sa condition d’humain aux chairs pourrissantes pour rester beau et jeune à jamais. Cette révolte est un acte qui l’a poussé à renier et modifier sa destinée. 

 

BIBLIOGRAPHIE
Si c’est un homme de Primo Levi
Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde
Le cas étrange du Dr. Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson
Sous le règne de Bone de Russell Banks
La Métamorphose de Franz Kafka
en cours :
Serpents et Piercings (Hitomi Kanehara),
l'Homme qui rit (Victor Hugo),
Moby Dick (Herman Melville),
Freak Like Me (Jim Rose),
Mémoires de l'Enfer (Marilyn Manson),
Monstres Invisibles (Chuck Palahniuk), etc.